Devenir végétarienne malgré soi

Devenir végétarienne malgré soi

Un sujet à la mode, un sujet de société, une nouvelle façon de vivre, qui j’avoue ne me concerne pas vraiment. Vous savez, je suis née à la campagne avec des grands-parents qui élèvent des poules, des canards, des dindes, des pigeons, des lapins et tous leurs potes. Ils les nourrissent souvent d’ailleurs avec des courgettes qui viennent de leur jardin. Alors c’est vrai que pour moi manger bio, écolo, de la viande saine, prendre soin des animaux c’est quelque chose avec lequel j’ai été élevée. Et pour moi une belle viande comme cela, cela se respecte en la mangeant. Et c’est bon. Alors oui,  j’adore la viande et à aucun moment dans ma vie je me suis dis que j’avais envie de devenir végétarienne par principe, par envie, par mouvement de paix envers les animaux.  Ce n’est pas dans mon éducation et j’aime trop ça.

Quand j’ai commencé à voyager avec Flora, il m’a fallu dire adieu à la viande de mamie et découvrir qu’il y avait beaucoup mais beaucoup de poulets en Asie. Et pas forcement celui qui ressemble à la ferme de ma grand-mère… alors au bout d’un moment le poulet c’est devenu moins sexy et moins bon. Par la force des choses,  avec une Flora à côté de moi qui adore les légumes et qui a envie de devenir doucement végétarienne j’ai commencé à essayer d’autres plats avec de plus en plus de …légumes.

Quelques mois plus tard, je suis revenue pour un coucou en France. Je me suis bien sur jetée bien sur la bonne charcuterie française mais je me suis rendue compte que je saturais beaucoup plus vite. Moi saturer avec une bonne bavette, avec du saucisson ?  Le choc !  En réalité je n’appréciais plus que manger 1/3 de ce que je pouvais ingurgiter avec plaisir avant… Je suis finalement repartie en Inde faire ma formation de professeur de yoga avec Flora. Nous avons passé un mois totalement végétarien. Cela m’inquiétait beaucoup au début, la peur des carences, la peur d’avoir faim et puis les légumes, ça ne me passionne pas et en plus ça fait péter. Rien de sexy.

En réalité cela a été une belle surprise pour moi, la cuisine végétarienne était excellente et tellement variée. Je ne me suis pas ennuyée et j’étais plutôt comme une enfant qui découvre que les légumes c’est bon.

Des plats végétariens, bons et beaux 🙂

Pas de carence à l’horizon et surtout du plaisir à manger, que dis-je, à savourer des légumes. Par contre, j’ai maintenu l’embargo sur le chou-fleur. Alors parce que je suis têtue, je  me suis mis en tête d’aller à l’extérieur et de commander du bacon pour tester…j’adore ça. Confortablement installée avec ma vue sur la mer je m’apprête à déguster ce petit bacon fumé arrivé tout droit des cuisines et… j’ai trouvé cela très fort en bouche, lourd dans mon estomac. Pfff, de quoi mettre ma tête en rage mais j’ai du céder et ne pas finir ces pauvres petites tranches de bacon au risque de les vomir.

Nous sommes deux mois plus tard et je n’ai toujours pas envie de manger de la viande… par contre un peu de poisson de temps en temps cela me fait plaisir mais il faut aussi dire que j’en mangeais très peu avant. Pour moi c’est un vrai questionnement. J’ai parfois l’impression de devenir petit à petit végétarienne malgré moi. Je le vois bien, la viande essaye de me larguer discrètement…  Alors, je résiste parce que je ne veux pas devenir végétarienne mais quelque chose à l’intérieur de moi s’avance doucement vers cela.

Je savais que le voyage changerait ma vie en de nombreux points, mais j’étais loin d’imaginer que cela changerait autant mon alimentation, mes goûts pour certains aliments et ma passion pour la viande. Alors que devenir végétarien est une vraie tendance et le lifestyle du moment, je me retrouve dans ce mouvement bien malgré moi. Mais bon cela fait aussi partie du voyage : se découvrir et accepter le nouveau moi que je découvre chaque jour un peu plus incluant le fait que je suis en train de quitter ma passion saucisson pour une passion carotte…

Avec amour,

Laura

Le poulet en Asie. C’est là que mon rapport avec la viande a vraiment commencé à changer. Je voyais ces poulets dans les rues, là devant moi, gringalets et en mauvaise santé en me disant que cette chose allait finir dans mon organisme. Pas sexy. Ensuite j’en ai eu marre de manger du poulet à toutes les sauces, le porc n’étant pas non plus très bon. Moi non plus, j’avais jamais vraiment voulu être végétarienne avant mais quand je vois l’impact que notre consommation de viande a sur nos terres et sur les animaux je ne pouvais pas garder le même rythme. Entre overdose de poulet et prise de conscience écolo l’idée a commencé à faire son chemin…

Des poulets en veux-tu en voilà 🙂

C’est quand je suis rentrée chez mes parents cet été que j’ai remarqué la différence. Avant, je pouvais me faire un magret de canard entier sans problème, saignant s’il vous plaît ! Mais cet été je n’y arrivais plus, 2,3 bouts suffisaient pour me rassasier. Le plus étonnant, c’est que je n’y prenais plus vraiment de plaisir, j’en avais pas envie.  J’avais juste envie de légumes ! ! Des légumes en veux tu en voilà, moi qui  n’aimais pas trop ça, je salivais à l’idée de me faire cuire une courgette ou trouver une recette avec mon reste de carottes (tout en régalant toute la famille en plus) ( sous le regard mi-inquiet mi-étonné de ma mère qui n’a toujours pas intégré que, OUI ! j’aime les légumes maman !). Puis j’ai aussi découvert que le tofu c’e n’était pas ce truc blanc infâme qui n’a pas d’intérêt, en cuisinant les marinés et les fumés. Bien sûr il m’est arrivé de manger de la viande de temps en temps, celle qui vient de la ferme ou du petit boucher de ma campagne et j’ai apprécié le plat parce qu’il était là devant moi, cuisiné avec soin ou grillé au barbecue sous les petits sarments des vignes du jardin (c’est tellement bon, le barbecue au sarment).

Un bon barbecue, c’est sexy !

Aujourd’hui, je ne peux pas dire que je suis vraiment végétarienne et d’ailleurs je m’en fou un peu des étiquettes. J’ai juste envie de manger moins de viande parce que je me soucie de la planète et en voyageant, nous prenons encore plus conscience des dégâts de la pollution, loin de nos villes aseptisées. Peut être que cela impliquera petit à petit que je ne mange plus de viande, ainsi soit –il non ?

Finalement, redécouvrir son alimentation, changer des habitudes peut paraître dur, mais moi j’ai pris ça comme un jeu, tant pour ma consommation de viande que pour ma consommation de sucres et de graisses. Depuis que je m’intéresse à tout ça, je me sens beaucoup mieux de savoir ce que je mets dans mon assiette et mon palais se sensibilise de jour en jour aux produits de qualité. Je m’étonne moi-même de ne plus me goinfrer de gâteaux super sucrés ou de bonbons industrialisés que j’aimais tant. Le végétarisme est un chemin que je prends petit à petit, naturellement, mais dans une démarche plus globale, celle d’apporter à mon corps et à mon esprit des aliments sains et le plus possible issus directement de la terre. Et quand on commence, on sent vraiment la différence.

Becots,

Flora

*

* Update de Flora d’après les fêtes : à l’occasion de noël, on a craqué pour ce beau jambonneau tout droit sorti du four. Je me suis régalé ! C’était grillé, fondant, et ça ne ressemblait pas à un animal mais plutôt un truc rose qui sent bon. Mais, ensuite ça me pesait dans l’estomac, ma digestion a tout donné pour environ 24h, et je ne rêvais que d’une chose ; croquer dans un concombre bien frais.

Udapte de Laura : Cette année nous avons passé Noël bien loin de la traditionnelle dinde de famille. Néanmoins, le jambonneau était tout de même là et les amis sont venus avec de la viande pour notre petit buffet partagé. Et bien sur tout ces petits plats avaient été préparé avec beaucoup d’amour, il était donc impossible pour moi ne pas goûter d’autant plus que la cuisine était faite à l’Argentine. La curiosité, l’enthousiasme de la soirée, la politesse, le partage l’on emporté et je me suis servie de la viande. C’était bon mais tellement lourd et pour être honnête j’ai bien senti qu’à l’intérieur de moi je n’étais vraiment  d’accord qu’à 40%, c’était tout de même suffisant pour ce Noel. Néanmoins le constat est à chaque occasion un peu plus fort mes amis… sans savoir pourquoi cela me dérange de plus en plus à l’intérieur de manger de la viande. Nom d’une paupiette !



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