Retraite de 10 jours en silence dans un monastère en Thailande (partie 1/3)

Retraite de 10 jours en silence dans un monastère en Thailande (partie 1/3)

S’isoler pendant un moment, juste une fois dans sa vie. Se mettre dans le silence, dans l’écoute pour entendre ce qui se passe à intérieur de soi.  Prise dans le mouvement de la vie, j’en étais  au point de manquer cruellement de cet espace calme pour entendre ce qui se passe à l’intérieur. Mes nuits de repos ne me suffisaient plus. J’avais besoin de journées entières pour pouvoir rentrer à l’intérieur de moi. M’entendre, me comprendre. Me connaître. Regarder ma vérité, regarder où j’en suis. Moi qui suis si bavarde, si enclin à discuter de tout avec tout le monde, j’avais besoin pour la première fois de ma vie de me taire. Je rêvais de ne pas parler, de ne pas échanger, d’être dans le calme le plus total afin de ne plus entendre cet extérieur si demandant… pour enfin m’entendre moi.

C’est comme ça que je suis arrivée à Suan Mokkh, ce monastère en Thaïlande. Un monastère qui propose depuis des années des retraites chaque mois de 10 jours  en silence, avec de la méditation, et des enseignements. Plusieurs amis à moi avaient déjà eu l’occasion de la faire et le bien qu’ils m’en avait dit m’avais rendue curieuse. Alors, ce mois de mai 2018, j’ai pris ma décision et j’ai fait cette retraite… Me voilà 12 jours plus tard en train de vous écrire cet article ; je pense que cette retraite va m’inspirer pendant longtemps… quoiqu’il en soit je vous en dis plus sur cette expérience. Curieux ?

Le lieu

Commençons par le commencement : Suan Mokkh In­ter­na­tion­al Dharma Hermitage a été créé par le très vénéré Ajahn Buddhadasa en 1989. Pour la plus d’entre nous, ce nom ne nous dit rien, pourtant il s’agit d’une figure importante dans le bouddhisme. On dit que cet homme avait trouvé la clef de la vie, qu’il était illuminé vivant dans un bonheur pur, libéré de la souffrance. Son but était de créer un lieu, où toute personne du monde entier était la bienvenue pour recevoir de l’aide dans sa quête du bonheur à travers les enseignements de Buddha. Quoiqu’il en soit, depuis pas moins de 25 000 personnes sont passées par ce lieu venant du monde entier, de différents chemins de vie, ayant entre 17 et 70 ans.

Le programme type d’une journée pendant la retraite

 

Une journée à Suan Mokk, est bien calme … oui mais elle est aussi très chargée et très challenging surtout pour des européens comme nous qui sommes loin du mode de vie de ces moines ! Alors voici un petit résumé de mes 10 jours pour vous donner une idée :

04.00  Réveil

04.30 Lecture du matin

04.45 Méditation assise

05.15 Yoga / Exercice – Mouvement en pleine conscience

07.00 Enseignements autour du Dhamma & meditation assise

08.00 Petit déjeuner & Corvées

10.00  Enseignement autour du Dhamma

11.00 Marche méditative or méditation debout

11.45 Méditation assise

12.30 Déjeuner & corvées

14.30  Méditation assise

15.30 Marche méditative or méditation debout

16.15  Méditation assise

17.00  Chant & méditation d’amour et de gentillesse

18.00 Thé & sources chaudes

19.30  Méditation assise

20.00 Marche en pleine conscience ( en groupe)

20.30  Méditation assise

21.00  Coucher

21.30  Extinction des lumières

Les enseignements

Alors concrètement de quoi on parle ?ou plutôt qu’est ce qu’on écoute pendant 10 jours ?

La méditation

La méditation par la respiration : une des clefs enseignée et transmise dans ce monastère. Mes heures de méditation, je les ai passées à me concentrer sur ma respiration, à en prendre conscience, la suivre, la sentir, la comprendre, qu’elle soit courte ou qu’elle soit longue, à être totalement dans ce cycle. Inspire. Expire. Inspire. Expire. A en connaitre son trajet, sa longueur, à me concentrer sur le point d’entrée point et de sortie, sans me laisser absorber par autre chose. A juste titre et avec force on vous répétera que la respiration c’est la vie. Sans respiration, il n’y a pas de vie. Si on comprend la respiration, on comprend la vie car les deux sont liés. Alors, c’est ce qu’on fait, on comprend qu’elle est l’implication de notre respiration dans notre vie. Comment chaque pensée influence notre respiration et c’est à cet instant d’immersion total dans la respiration que la pleine conscience arrive. Etre totalement dédié à ce moment d’observation de sa respiration, sans passé, sans présent. La respiration du coup, devient de plus en plus longue, de plus en plus profonde et de plus en plus relaxante. La respiration devient cet outil que l’on peut manipuler pour calmer une émotion qui monte d’un coup et qu’on ne peut contrôler. Une respiration avec conscience et profondeur peut calmer un raz de marré émotionnel. Cette respiration peut calmer une douleur physique qui semble bien trop forte, en une douleur acceptable qui bouge et qui passe.

La méditation, c’est aussi de la discipline mentale pour toujours revenir à son point de focus quand les pensées se perdent ailleurs mais aussi de la discipline et de l’intelligence physique. Tenir son dos droit.  Cela peut paraître simple dit comme cela mais je vous assure que la douleur de devoir se tenir droit pendant des heures en a fait fuir plus d’un après seulement deux jours de retraite.

Marcher en pleine conscience

A Suan Mokkh on vous apprend aussi à marcher avec conscience, ce qui veut concrètement dire que quand vous marchez, vous marchez et vous ne pensez à rien d’autre en faisant un focus sur chacune des actions de votre corps. Je vous avoue que pendant ces marches, j’ai souvent eu des révélations sur moi-même. Ces marches en lenteur et en conscience sont bien plus puissantes qu’il n’y paraît. Et… il y a la marche en groupe le soir, autour de ce lac magnifique sous les étoiles et guidé par les bougies ; des instants magiques de communion avec la nature qui restent gravés en soi.

Le bouddhisme

Suan Mokkh est un bel endroit pour découvrir le bouddhisme de manière profonde mais tout restant simple et accessible. Vous pouvez être de n’importe quelle religion, les enseignements donnés ici sont universels. On ne vous demande pas d’adhérer, on vous demande d’être ouvert à une autre façon de voir les choses pour vous aider à mieux comprendre ce qui se passe en vous. D’ailleurs, le bouddhisme se présente plus comme une science qui prend comme base la souffrance : Qu’est ce que la souffrance ? D’où vient d’elle ? Et comment en sortir ? Ou dit d’une façon plus sympa : comment trouver le bonheur et la paix à l’intérieur de soi. Le bouddhisme n’est pas une religion qui vous demande de suivre un dieu. D’ailleurs Buddha n’a apparemment jamais voulu de disciples. Ses enseignements sont disponibles pour aider chacun à trouver son bonheur peu importe sa religion, son genre, ou son pays : le principe est de réaliser la religion de son propre cœur.

Pendant cette retraite, il y a de nombreux discours chaque jour qui sont proposés sur lequel vous pouvez méditer. Si pendant les  premiers jours, je n’y comprenais rien, à cause de l’anglais et des termes propres au bouddhisme après trois jours, tout commence à s’éclaircir. En effet,  chaque jour, il y a de nombreuses répétitions et les choses se mettent en place naturellement ; le but n’est pas de comprendre tout le bouddhisme mais seulement quelques clefs que nous pouvons emporter avec nous à la maison.

Il y a aussi au cours de la retraite des interviews ou chacun est libre d’écrire une question sur les enseignements pour mieux les comprendre. De plus, chose absolument incroyable, il vous propose à la fin de la retraite, des livres gratuitement sur les enseignements bouddhiste que vous avez le choix de prendre ou non. Pendant la retraite, des documents dans votre langue natale sont aussi disponibles pour vous aider à comprendre le coeur du bouddhisme. Bref, tout est fait pour que vous puissiez partir avec des outils.

Des chants sont aussi proposés, des chants qui reprennent les enseignements de Buddha, le chant sacrée des moines. C’est aussi très agréable de pouvoir chanter ou écouter ces enseignements de cette façon.

Fin de la 1ère partie, la deuxième est ici🙂

Avec Amour,

Laura



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