Changer ses habitudes de consommation : une mode éthique adaptée à soi

Changer ses habitudes de consommation : une mode éthique adaptée à soi

Vous êtes vous déjà posé la question de comment sont fabriqués nos vêtements ? D’où viennent-ils ? Quels sont les enjeux et conséquences derrière l’industrie textile ?

Depuis que j’ai commencé à regarder de plus près cette fenêtre de ma consommation, j’ai le vertige.

Maltraitance humaine, inégalités sociales, impact écologie affligeant, lavage de cerveau du consommateur, impacts psychologiques et pression sociales…. la surconsommation de ces produits est un fléau pour notre planète et notre liberté.
Pour ne pas vous affliger d’un énorme article listant les raisons, je vous invite à commencer par regarder le documentaire The True Cost sur Netflix qui sera sûrement une belle entrée en matière de réflexion. Je suis plutôt d’avis de vous raconter comment j’ai changé ma façon d’être vis-à-vis des fringues et comment le faire facilement.

 Les placards qui regorgent de vêtements jamais portés

Plus jeune, je travaillais dans des enseignes de prêt à porter et je dépensais une belle part de mon salaire dans l’achat de vêtements que je vendais chaque jour. Quand j’y pense, je trouve ça ironique. Aujourd’hui, malgré le tri mes placards débordent encore de vêtements « pour le jardin » « pour le bricolage » « pour traîner le dimanche quand il pleut », etc…

Heureusement, depuis que j’ai commencé une vie nomade il y a 3 ans, j’ai appris à me détacher de cette addiction aux fringues. Cela a commencé avec quelques prises de conscience :

Cela pèse son poids

Quand il faut porter ses vêtements, il faut bien réfléchir à ce que l’on va mettre dans son sac à dos, et se concentrer sur le pratique, l’usage malin (versatile) et confortable. Le vêtement doudou qui sera adaptable à tout. On ne peut pas se permettre d’amener 1 habit par occasion, il faut apprendre à combiner les styles et anticiper les situations tout-terrain.

Le contenu de mon backpack

J’apprends à moins me faire influencer par toutes ces pubs, comptes insta, ou marques qui nous immerge de nouveaux looks ou de nouvelles fringues tous les jours. Avec les années qui passent, je comprends mieux mon propre style (même s’il est changeant, on peut noter les récurrences) et surtout je sais ce qui me va, ce qui ne me va pas (oui, j’ai du dire adieu au jaune moutarde à mon plus grand désespoir) et dans quoi je me sens à l’aise. J’ai également noté que les hommes ne sont pas tant attachés que ça à l’apparence vestimentaire et ça permet de déculpabiliser ! En tout cas dans le monde des backpackeurs, tout le monde s’habille de façon la plus confortable possible, souvent au détriment du dernier look à la mode et tout le monde s’en fout !

Nos envies changent

Ensuite, j’ai réalisé qu’un habit n’est que le reflet d’un état d’esprit et une humeur passagère. En voyage, nous évoluons très vite. Loin de notre cocon familial, face à des situations parfois inconfortables, au contact de cultures diverses, nous apprenons beaucoup sur l’autre et sur nous-même. Nos envies changent, notre style aussi. Nous sommes inspirés par les couleurs dominantes de ces cultures, par le climat, la façon de vivre locale, l’état d’esprit, etc… Vous ne portez pas les mêmes vêtements en ville et à la campagne j’imagine ? En voyage c’est pareil !

De même que nous évoluons rapidement, nos vêtements – qui sont souvent la traduction extérieure de notre personnalité – nous semblent rapidement inadaptés. Laura et moi en avons fait régulièrement l’expérience au cours de ces 3 années et nous ressentons régulièrement l’envie de changer de garde-robe.

A partir de ce moment-là, j’ai compris que c’était inutile d’acheter à chaque nouvelle lubie, de remplir les placards pour coller à une tendance qui me lassera 2 mois plus tard ou de jeter de l’argent par les fenêtres. J’avais envie de revenir à l’essentiel.

 

Comment j’ai changé mes habitudes ?

1) Trier

Lorsque je suis revenue chez moi, j’avais envie de faire le tri en voyant les cartons de fringues s’accumuler et investir l’espace chez mes parents.
J’ai commencé ma « fashion révolution » en me documentant auprès des blogueuses minimalistes qui vous apprennent à trier votre dressing de façon objective.

J’ai passé l’été dernier chez mes parents avec uniquement 30 pièces dans mon dressing (j’en ai beaucoup moins en voyage, mais les conditions sont différentes) et j’ai adoré l’idée. Au-delà du gain de temps et d’énergie pour m’habiller le matin, je me sentais mieux dans mes baskets et plus centrée. Quand on pense moins aux futilités, on se concentre sur l’essentiel et ça fait du bien de faire le vide.

Néanmoins, j’ai noté que beaucoup de dressings sont créés autour de teintes neutres comme le noir, gris, bleu jean alors que je préfère les couleurs ! J’ai donc préféré miser sur des tons qui reflètent plus ma personnalité et apportent plus de peps à ma tenue. Minimaliste oui, mais fun !

My minimalist wardrobe for summer

Pour bien commencer

Je ne vous conseille pas une vidéo en particulier, tout dépendra de votre parcours personnel et de vos envies. J’en ai écumé quelques-unes afin d’avoir un panel plus large de conseils et une fois que je considérais avoir toutes les infos qui m’inspiraient je me suis lancée ! Aussi, ne vous prenez pas trop la tête, vous n’aurez pas une interrogation écrite à la fin de votre tri ; si vous avez un peu plus de 30 pièces ce n’est pas grave, mettez les petits extras de côté dans un sac ou un carton et testez votre comportement : si vous aviez parié sur un tee-shirt comme un indispensable il se peut que vous ne le mettiez finalement pas et que vous ayez plus envie de mettre celui qui se cache dans le carton, attendant la repêche. Dans ce cas, ajustez !

Depuis que j’ai fait ce tri, un seul et unique vêtement m’a manqué sur la centaine donnée ou vendue. Et encore, je sais que je l’avais revendu car je n’étais pas à l’aise dedans. #noregret

2) Se détacher

Comme je vous le disais plus haut, j’ai réalisé que notre style vestimentaire change en fonction de nos humeurs mais aussi de l’environnement extérieur. En voyage aussi, à force de faire et refaire son sac on oublie ou perds des choses, on use les vêtements plus rapidement. J’ai donc appris à ne pas y accorder trop d’importance et à pratiquer le laisser-aller. Pour autant je prends soin de mes vêtements et j’apprends à les laver correctement, ou les réparer.

3) Ne plus acheter de façon compulsive

Acheter sans réfléchir c’est justement le début de l’entassement. Un vêtement te plaît ? Attends quelques jours avant de l’acheter. En réfléchissant un peu, je trouve souvent les alternatives dans mon dressing :  je raccourcis une jupe longue en mini, je fais une tunique d’une robe trop courte, je teins mon tee-shirt tâché…  ou tout simplement je change d’avis sur ce coup de cœur qui n’en était pas vraiment un.

Une action écologique et révolutionnaire 

Je boycotte le plus possible toutes les marques des géants de la mode comme H&M, Zara, et compagnie (je ne vais plus acheter neuf chez eux).

Je me tourne vers les grandes enseignes uniquement quand j’ai la nécessité absolue de quelque chose et que je ne peux pas ou je n’ai pas les moyens de le trouver ailleurs (les sous-vêtements par exemple).

Pour comprendre mieux les raisons de mon boycott, je t’invite donc à regarder le documentaire cité plus haut « The True Cost ».

4) Ruser son cerveau

Vendre, se débarrasser oui. Mais attention, si vous êtes sujet à des phases de « rechute » dans votre démarche minimaliste, vous devez avoir plus d’un tour dans votre sac ! En ce qui me concerne, je garde 1 ou 2 valises de fringues à la maison pour pouvoir faire une rotation dans mes vêtements. Quand je remets le nez dans ces valises, j’ai l’impression de découvrir de nouveaux habits alors que je les ai achetés il y bien longtemps. Cela m’évite notamment d’acheter des habits pour usage unique (soirées, mariages, etc..).

5) Oui à la seconde vie !

Je fais mon shopping dans des friperies spécialisées, à la Croix Rouge, chez Emmaüs, en brocante, dans les associations de quartiers… Il y a maintenant beaucoup de lieux qui proposent des vêtements de seconde main. Faites quelques recherches sur internet, gardez les oreilles grandes ouvertes ou demandez aux habitants du coin, vous trouverez toujours l’information !

Vous pouvez aussi vous tourner vers des sites spécialisés pour revendre ou acheter des vêtements d’occasion comme Vinted (le grand chouchou du moment), Vide Dressing ou encore Ebay. Il existe même des sites pour louer vos vêtements ! A tester cela semble bien fonctionner 😊

Les expériences en Inde

6) Parlez-en autour de vous

Votre famille, vos amis, votre moitié… tous les moyens sont bons pour trouver des perles rares. Comme vous, les autres regorgent de vêtements inutilisés dans leur dressing dans l’espoir que ça leur aille un jour (depuis 5 ans), ou tout simplement parce qu’ils ne savent pas quoi en faire. Posez la question, soyez même un peu culottés et demandez à votre entourage qu’ils fassent le tri. Ainsi vous pourrez jeter un œil à leur collection et sûrement y trouver votre bonheur. Vous pourrez ainsi penser à eux quand vous portez leurs vêtements ! Le maillot de corps de mon papa est devenu mon tee-shirt blanc pref, le pantalon large de ma tatie m’a sauvé plus d’une fois de la chaleur balinaise, j’ai ressorti cette année la robe verte que m’a meilleure amie m’a donnée il y a 10 ans…

Vous pouvez également échanger vos vêtements. Laura et moi avons beaucoup fait cela au cours de nos voyages. Elle hérite d’un tee-shirt à moi contre un short à elle et vise versa. Cela nous donne l’impression de faire du shopping sans ouvrir notre porte-monnaie !

7) Ne jetez pas

Un trou ? Apprenez à réparer vos vêtements plutôt que de les condamner ! Si vous ne savez pas coudre (mon cas), vous pouvez apprendre facilement sur Youtube en fonction de votre besoin, trouver une couturière, ou encore solliciter l’entraide familiale (merci maman !!) 😉

Vos vêtements sont trop usés ?
Réutilisez-les ! Les vêtements font de très bons chiffons, et peuvent être réutilisés de maintes et maintes façons. Pour vous inspirer, encore une fois je vous invite à chercher sur Youtube, Pinterest, ou encore Instagram qui sont de bonnes sources d’inspiration concernant notamment le Zéro Déchet. Par exemple, vous pouvez faire d’un vieux tee-shirt, un sac pour aller faire les courses et de vieux collants, une éponge!

En France, il existe des points relais pour récupérer vos vêtements même troués et usagés. S’ils sont en bon état vous pouvez aussi les revendre ou les donner à vos amis et votre famille. En plus de vous débarrasser vous menez un acte solidaire et écologique.

8) Acheter des marques slow fashion

En ce qui nous concerne, nous n’avons pas les moyens de nous orienter vers des marques éthiques qui proposent souvent des prix plus élevés que dans les grandes enseignes (c’est normal, ils ont des conditions bien plus honorables).Cela ne nous embête pas plus que ça car nous préférons investir de l’argent dans nos voyages, plus que pour notre apparence vestimentaire.
Toutefois, il se peut que vous ne trouviez pas ce dont vous avez besoin en friperie ou que vous n’aimiez tout simplement pas l’idée de porter le vêtement de quelqu’un d’autre. Dans ce cas, il existe des sites de référencements de marques qui œuvre pour une consommation plus raisonnée.

Voici quelques liens qui pourraient vous aiguiller :

Anaëlle est une mine d’or pour vous aider dans vos démarches écologiques, quelque soit la thématique et livre ses bonnes adresses

Céline, alias Iznowgood, a crée un générateur de marques éthiques qui permet de trouver son bonheur grâce à des recherches ciblées

De belles découvertes aussi ici

 

En résumé :

Achetez moins mais achetez mieux. Vous êtes fan du shopping et vous aimez soigner votre style ? Très bien ! Aujourd’hui il existe des alternatives autres que le tout neuf, et il y a sûrement une solution à votre besoin. 😊 Pensez aussi que le temps et l’argent que vous dépensez dans votre shopping peut être recyclé de façon bien plus utile pour des activités qui vous apporteront peut-être davantage de satisfaction. Repensez peut-être votre manière de consommer : faire les choses en conscience vous permet toujours de vous recentrer sur vous et vos besoins essentiels. Et surtout, PENSEZ GLOBAL. Oui, VOTRE action a un impact sur la consommation, les politiques et l’environnement. Tout est régi comme un écosystème dont vous êtes acteur.

Et, dernier conseil : faites à votre rythme et à votre échelle. Cela ne sert à rien de culpabiliser, dès lors que vous prenez conscience de votre consommation, de son impact et que vous souhaitez changer les choses vous êtes sur la bonne voie 😊

« Il n’y a pas de petits gestes ».

Avec Amour,

Flora

>>>Et pour pousser plus loin la réflexion, je vous invite à regarder l’édifiant reportage qui a fait du bruit tout récemment ; Cash Investigation : Luxe, les dessous chocs 



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